ÉDITORIAL

ÉCHOS DE LA TEMPORADA 2013

RETOUR AUX SOURCES

Succès confirmé des quadrilles hispano-arago-provenço-landais qui se sont produits dans la plupart des arènes, cette année. Ce renouveau des spectacles tauromachiques du début du siècle dernier, remis au goût du jour il y a une dizaine d’années à ARLES, est plébiscité par le public.

Plus de 90% des toreros revêtent désormais le costume goyesque.

PALMARÉS

PALCO

Dès l’an prochain, les présidents de course ne représenteront plus l’autorité municipale.

Les présidents seront choisis, 5 minutes avant le début de la corrida, par une commission regroupant un représentant de la Fédération Nationale des Sociétés de Consommateurs, un représentant des agences de voyage de la ville, un délégué des toreros engagés et 10 spectateurs tirés au sort.

La proposition de Simon CASAS, que l’empresa organisatrice assume es-qualité la présidence, n’a pas été retenue.

PREMIER TERCIO NEW-LOOK

VIC-FEZENSAC reste la seule arène française où des piqueros ont pu exercer leur art à deux reprises, lors de la Feria de NOËL (date choisie, il y a 10 ans, depuis que le lundi de Pentecôte n’est plus férié).

En effet, l’Article 117 du nouveau Règlement Taurin Espagnol permet, désormais, au public de choisir pour le premier tercio entre picador et rejoneador (mouchoir à carreaux pour l’un, à damiers pour l’autre). On reste perplexe devant cette décision du public vicois, d’autant plus surprenante que la quadra des descendants de FONCHECA sévit encore dans ces arènes.

SCANDALE A CERET

L’apoderado de Juan José DELGADO, blessé à l’arcade sourcilière droite lors d’une porta gayala avortée, a intenté un procès contre l’empresa FOURQUET Fils , sous prétexte que le toro n’était pas afeïté dans les règles de l’art. L’examen post-mortem a confirmé en effet que la corne gauche, à l’origine du préjudice, n’avait été amputée que de 13.2 cm, alors que le minimum légal, désormais imposé par l’U.V.T.F., est de 15 cm.

INCIDENT DIPLOMATIQUE

Joseph YONNET, qui dirige le célèbre élevage des toros clonés du Parc National de Camargue, élevage sponsorisé par le consortium des Sociétés des Autoroutes de Camargue et de l’Institut de Thalassothérapie Ergonomique des SAINTES MARIES DE LA MER, a refusé de céder les quelques fragments d’A.D.N. que quémandaient, pour régénérer leur sang, les propriétaires de la ganaderia historique des 3 M entrelacés (MIURA-MARGE-MARCA). L’ambassadeur d’Espagne s’en est plaint auprès du Président SARKOSY, lors d’une entrevue houleuse à l’ELYSEE.

DECISION DU PARLEMENT EUROPEEN

Les pasos dobles, interprétés par bandas ou autres orchestres, vont être interdits dans les arènes en raison d’un niveau sonore trop élevé, jugé dangereux. Ils seront remplacés par des chants choraux, expérimentés avec satisfaction à NIMES dans les années 2000.

ANTI CORRIDA

Le 07 juillet 2013, la vieillissante mais toujours active militante anti-corrida Claire JADORELESKI a tenté de s’immoler par le feu, dans les Jardins de la Fontaine. Elle a été sauvée par une violente averse, propre au climat nîmois, que beaucoup ont interprété comme un quite miraculeux d’un San Fermin magnanime.

Les pompiers ont retiré, de ses doigts crispés, un exemplaire roussi de la " Lettre de MADRID " de Prosper MERIMÉE, où l’on pouvait encore lire cet aveu, scandaleux de nos jours : "J’éprouve un indicible plaisir à voir piquer un taureau, éventrer un cheval, culbuter un homme … ".

N’en déplaise à quelques irréductibles, nostalgiques d’une corrida-combat d’un autre âge, l’année 2013 a confirmé l’édulcoration de ce spectacle. En serait-il possible autrement dans ce troisième millénaire qui tend à la paix et au bonheur universels ?

Meilleurs vœux de bonne temporada 2014 !

Roberto NOSTRADAMUS.




LEXIQUE TAURIN

D comme: DOMINIO

Toutes les tauromachies exigent du courage car il en faut pour " se mettre devant ". La corrida réclame une qualité de plus : le dominio.

La rencontre du razeteur et du taureau est ponctuelle (comme pour le banderillero ou le rejoneador ), le temps du coup de crochet, puis l’homme en blanc fera plus ou moins briller le cocardier, en allongeant plus ou moins son razet, éventuellement jusqu’au coup de barrière final, mais la conclusion reste une fuite vers l’abri de la barricade. L’écarteur landais esquive la charge de la vache, le recortador saute le toro, le coureur d’encierro adapte, au mieux, sa course au rythme de l’animal, les forcados vont même l’immobiliser. Mais aucune de ces actions brèves ne fait intervenir le dominio.

En revanche, le principe de la lidia du toro de combat est de le dominer, de l’amener progressivement, au terme d’un face à face, en modifiant son comportement naturel et instinctif, aux conditions propices au coup d’épée final.

Comme dans les rapports humains, la prise de pouvoir tauromachique peut se faire de deux façons :

es toreros possèdent le dominio, cette autorité, cette maîtrise à des degrés divers, comme les toros nécessitent cette domination à des degrés divers. Les recherchés " toros artistes " n’exigent pas un grand pouvoir de la part de leurs maestros, et les toros faibles ne supportent pas un toreo trop puissant.

Lorsque le dominio est absent, par la faute du torero ou celle du toro, l’essence même du combat disparaît. On peut, certes, voir encore de jolis gestes, mais la corrida, perdant alors sa spécificité, devient un spectacle banal, plaisant peut-être pour le touriste mais inintéressant pour l’aficionado.




NOUVEAU BUREAU NATIONAL

Président : Robert RÉGAL

Vice-président Sud/est : Laurent GINER

Vice-président Sud/ouest : Olivier BARBIER

Secrétaire général : Marc GÉRISE

Secrétaire adjoint : Mohamed RAFAÏ

Trésorier : Bernard DESVIGNES.




LE MOT DU PRÉSIDENT

Ce 20 septembre 2003,à Nîmes, le palco de la corrida vespérale – le président Di DOMENICO et ses assesseurs (à ne pas oublier)- a essuyé et enduré une bronca mémorable ( et quelques horions à la sortie) pour avoir osé refuser la deuxième oreille de son " novillo " au maestro EL JULI. La foule délirante et en furie était bien évidemment soutenue par les professionnels complices et agitateurs.

Cette même présidence, déjà félicitée par les revisteros sérieux, vient d’être distinguée à la fois par la Fédération des Sociétés Taurines de France et par l’ANDA dans leurs palmarès annuels.

Je rappelle cette anecdote pour stigmatiser le fossé discordant qui existe entre le grand public et les aficionados de verdad (dont nous croyons ici faire partie-en toute modestie). Cette tarde caricaturale a démontré que le danger majeur venait de l’intérieur même des arènes, des tendidos au callejón, plus que des inoffensifs anti-corridas hors des murs et dans les prétoires. L’inculture des spectateurs et la turpitude des taurinos, voici les mamelles (organes fort respectables dans un autre contexte) ennemies torpides de la Fiesta Brava.

La morale est que l’ANDA n’a pas le choix : si le fossé continue à se creuser, tout le monde " ira à la baille ". Plus que jamais, après un quart de siècle d’existence, notre association doit continuer sa lutte contre ce double fléau, en ciblant ses actions : éduquer la masse, censurer les dérives. Si elle n’y parvient pas pleinement, succombant sous le nombre, elle aura eu au moins la fierté d’avoir essayé avec acharnement.

Le soutien de ceux qui pensent comme nous, souvent sans l’exprimer, par dépit, lassitude ou tout autre sentiment dépressif, sera le bienvenu.

Mario TISNE et Jean-Louis DUCOURNAU, qui doivent être chaudement remerciés de quatre ans d’abnégation, me cèdent, si ce n’est un flambeau ou une épée, au moins un stylo bien encombrant, que je demande expressément à notre nouvelle équipe de m’aider à manier.

Robert RÉGAL.




PALMARES 2003 :

Meilleur lot de toros :

Meilleur lot de novillos :

Egoïne d’Or :

Râpe d’Argent :

Lime de Bronze :

Plume d’Aigle :

Pitos :

Palmas :

Vote pour le prix Popelin :




PLUME D’AIGLE 2003

Les ayatollahs ne sont pas ceux que l’on croit

De tous les dangers que court la corrida, l’inculture taurine et la méconnaissance du toreo sont peut être les plus sournois et donc les plus dangereux.

Ceux qui nous tirent vers une tauromachie décaféinée – et donc fatalement vouée à la disparition – ce ne sont pas les anti-taurins et leur défense des animaux qui souffrent et meurent, mais bien nos voisins de gradin qui, à grand renfort de fantasmes intellectuels et artistiques pris ici ou là, chantés par certains plumitifs qui ne connaissent que la surface de la corrida – et qui s’intéressent surtout à ce qu’ils vont pouvoir en faire, eux- et répétés comme les perroquets répètent, tentent de faire régner un nouvel ordre moral.

Pour ceux-là, peu importe une mauvaise épée, peu importent les tercios de piques systématiquement trahis pour livrer un toro à la merci du torero, peu importe qu’on torée de loin ou de prés, en s ‘exposant ou en se protégeant, peu importent les déluges de récompenses aux toreros et aux toros, pourvu qu’ils aient eu l’impression de toucher à la beauté, qui, soit dit en passant s’apparente plutôt à de la joliesse – mais on ne va pas en plus débattre de la profondeur de la beauté ! Ces gens-là, curieusement, semblent prendre la majorité dans les arènes.

Ce n’est pas étonnant puisque ce syndrome frappe plus facilement les gens, nouveaux venus ou pas, qui connaissent le moins la corrida. Ce sont les paillettes qui attirent le public et ce public est le terreau le plus favorable au culte du joli. Nous sommes aujourd’hui envahis par cette afición superficielle parce que nous ne faisons plus l’effort de leur offrir les moyens d’une éducation taurine.

Nous l’avons déjà dit ici, l’abandon par les cercles taurins et autres peñas de leur mission de générer de bons aficionados, ou du moins des aficionados qui ont des bases, a été la porte ouverte à la chute de l’afición "entendida". La plupart de ces clubs se sont transformés en associations festives, qui ne pensent plus qu’à tenir des bodegas pour s’organiser des voyages et autres billevesées bien éloignées du rôle qu’ils jouaient il y a encore 25 ans : créer de l’afición et des aficionados. C’est comme cela que l’on défend la corrida. Pas en laissant les ignares imposer leur loi. Nous en sommes donc arrivés à ce que, aujourd’hui, un club taurin qui se fait entendre, qui défend une certaine éthique de la corrida, certaines valeurs fondamentales, devient suspect, est accusé par les organisateurs d’être gênant et par certains spectateurs d’être trouble-fète.

Désormais, la nouvelle cohorte de missionnaires de la beauté, se sentant sans doute investie d’un projet mystique, prétend transformer nos arènes en cathédrale du silence. Siffler une mauvaise lidia, interpeller un mauvais picador, signaler un mauvais placement, crier contre un bajonazo, contester une décision de la présidence, autant de crimes de lèse majesté. Tout de suite les " chuuut ! " indignés s’élèvent des ouailles outragées, les réflexions fusent _ le genre intelligent " t’as qu’à y aller ! "-. A quand la "peña chut ! chut !" ?. Ces gens là ne sont certainement jamais allés en Espagne où leur "chuuuut" intrigueraient certainement les anthropologues de la corrida !

Sans sombrer dans l’excès de Pamplona, le public espagnol, dans une arène, il bouge, il rit, il parle, il vocifère, il mange même souvent , en un mot il vit. Il n’ignore pas pour autant qu’il y a quelque chose de dramatique qui se passe sous ses yeux. Notre public, pièce rapportée d’une culture qu’il lui faut s’approprier, prend désormais les chemins d’une croisade du silence, sans doute pour masquer sa méconnaissance. Sus aux hérétiques! La plaza devient le lieu du culte et de la culture. Comme dans les églises et les musés, le silence doit régner.

Comparez comme cela va de pair avec le changement sociologique qui s’opère depuis quelques années dans les arènes françaises, où le public le plus populaire se réduit. Non, une plaza de toros n’est pas une église. L’aficionado, lui, a payé sa place, et il a le droit de s’exprimer : le droit de siffler puiqu’il a celui d’applaudir. Nous n’avons pas de leçons à recevoir des ayathollahs du silence. A la feria de Mont de Marsan, le seul silence totalement justifié a été celui de la minute en hommage au matador MIGUELIN, décédé. 90% de l’arène ne savait même pas qui c’était. Il y en a même un qui croyait que c’était un coureur cycliste ! Alors, cet été, pour tous les aficionados amateurs de silence ou de méditation sur l’esthétique, nous conseillerons, à la place d’arènes bondées, la Madeleine - la vraie, l’église de Mont de Marsan-, la cathédrale de Dax ou celle de Bayonne. Et en plus, ils seront au frais.

A.M. DUBOS. Édito de TENDIDO d’août 2003




ALÉS AIRE/ADOUR

Férias toristas

De deux Ferias Toristas identiques, on peut retenir :

Les images fortes qui restent gravées dans les mémoires des spectateurs présents au Tempéras seront l’alegria des PALHA, les longs galops pour embrocher les picadores, une constance dans l’effort sous le châtiment et ce poder, qui manque tant à beaucoup d’élevages dits de respect, leur permettant de sortir du tercio de piques aussi " vifs que des gardons "…tout proche.

Ce fut réellement une course mémorable qui, si elle s’était déroulée sous d’autres cieux, aurait valu des tonnes de papiers de presse dithyrambique.

Quelques exemples supposés :

Vic : " les manes retrouvées des années glorieuses "

Céret : " une Santa Espina différente "

Nîmes : " un gros coup de CASAS "

Arles : " YONNET nous a dit : … "

Béziers : Rien, ils n’auraient pas été programmés.

Un conseil torista pour terminer : si vous voyez à l’affiche le nom de PALHA (en élevage), précipitez-vous, vous comprendrez ce que les anciens appelaient la caste, c’est-à-dire la bravoure mais avec de la fiereza et du poder.

Olivier BARBIER.




ARLES

Contrastes

Temps maussade pour PAQUES, dont fit les frais la corrida de TARDIEU, reportée en septembre, mais public nombreux ( au moins deux " no hay billetes "), chaleureux et débonnaire.

Du soleil de fin de canicule pour les Prémices du Riz, mais une assistance plus clairsemée et plus caractérielle. Si bien que l’empresa JALABERT se demande, si finalement, le mois d’août ne serait pas plus propice pour le déroulement de la " Feria de septembre " ! BEZIERS, DAX, SAINT SEBASTIEN et BILBAO pour les hispanophiles, plus ARLES, les aficionados seraient alors gravement menacés d’overdose.

#Toros également contrastés

Coté satisfaction : les élevages français confirment, cette année encore, leur intérêt. A part les BLOHORN faibles de la novillada pascale, les GALLON, à deux reprises, piqués ou non, et les TARDIEU ont rempli sérieusement leurs fonctions. ROMPEPIERNA, triomphateur de la corrida-concours, a procuré beaucoup de souffrance (en lui brisant la jambe), puis beaucoup de plaisir à Louis TARDIEU et à son frère Alain, en remportant le titre suprême devant des collègues prestigieux mais malchanceux (un PARTIDO de RESINA qui perd son sabot, un MURTEIRA GRAVE qui se casse la corne). Que penser du YONNET méticuleusement (trop ?) choisi pour cette même corrida-concours ? Beau, grand, âgé, encorné, en un mot, inhabituel car trop toro-toro, on sait ce qu’en fit (ou plutôt n’en fit pas) le pauvre LIRIA qui ne devait pas se douter, lors du paseillo, que lui arriverait ce gros pépin. Quant au MEYNADIER, l’intrus du jour, fusse-t-il sobrero, que venait-il faire dans cette corrida de respect ?

Les ganaderias espagnoles, dans l’ensemble, n’ont pas enthousiasmé. A part, un TORRESTRELLA, récompensé d’une vuelta posthume généreuse (le lundi de Pâques), EL TORREON, SAN MARTIN et même MIURA ont déçu par leur faiblesse et leur manque d’alegría, mais les pitos les plus sévères doivent être adressés aux José-Luis PEREDA (LA DEHESILLA), qui ont lamentablement clôturé le cycle arlésien. Par quel tour de passe-passe ont-ils remplacé les JANDILLA prévus (virtuellement, sur l’affiche seulement ?). Luc JALABERT, et l’apoderado de CONDE (le voisin Simon CASAS) ont chacun leur discordante vérité. Qu’il s’agisse d’une goyesque n’est pas une excuse pour faire ingurgiter au peuple un lot de desecho.

#Les toreros qui ont foulé le sol romain des arènes d’ARLES, cette année, ont dû repartir de la cité impériale avec des sentiments mitigés.

Des opportunistes ont triomphé ( parfois de façon injuste, aux dépens de leurs compagnons de cartel). Le jeune Docteur Mathias TEJEDA a coupé 4 oreilles (excessives) sous le nez de deux pointures : César RINCON (qui faisait son retour en FRANCE, fêté mais non récompensé par le public) et El JULI (au début de temporada laborieux). Le mano a mano JUAN BAPTISTA – Sébastien CASTELLA, avec pour arbitres des Pepe CHAFIK disparates, a nettement basculé en faveur du second (3 oreilles). Déclic ? Le premier a, dans la foulée, décidé de ranger les trastos, quelque temps, le deuxième s’est vu immédiatement promulgué figura en devenir (mais, depuis, la rencontre avec les VICTORINOS de BILBAO a permis de tempérer l’enthousiasme : Sébastien a encore du travail avant d’aborder des toros véritables).

Le sérieux, on l’a trouvé chez Denis LORE qui a coupé une oreille de poids à son deuxième MIURA du dimanche de Pâques et qui a " frisé la correctionnelle ", frôlant la cogida dramatique lors d’une larga de rodillas (malvenue en concours où la lidia doit être sobre) devant le MURTERIA GRAVE.

Démotivé (El JULI), dépassés (Yvan VICENTE et surtout Jesus MILLAN) ou médiocres (malgré quelques oreilles coupées), les autres matadores de toros et novilleros n’ont pas laissé de trace mémorable sur le sable arlésien, même pas ENCABO, primé pourtant à l’issue de la corrida-concours.

#Hétérogènes furent les palcos, mal récurrent à Arles.

La palme de la mansuétude incompétente est décernée, cette année, à Monsieur Robert CHAY qui présida la corrida d’ouverture  (c’était mal parti !), et c’est Monsieur Serge LOUIS qui eut le plaisir de concéder " l’oreillette de clôture " de la corrida goyesque.

#A propos de goyesque, l’empresa arlésienne, capable d’organiser une corrida-concours qui devrait devenir rituelle (bravo !) a opté, par contre, pour le folklore gentil à l’occasion de la dernière journée de la saison. Si la mayonnaise Condesque n’a pas pris (trop d’huile?), en revanche le défilé historique inaugural (pour lequel on a dû vider toutes les armoires du Museon Arlaten) et l’actuación des recortadores aragonais ont été plaisants.

Et si c’était le meilleur souvenir que l’on garde de la temporada arlésienne ? Ce serait grave.

Robert RÉGAL.




BAYONNE

Adour et Fantaisie

Le mois d’Août le plus chaud de l’histoire de la tauromachie française n’a pas refroidi les ardeurs du callejón bayonnais connu pour sa propension à l’exaltation proche de l’orgasme. Ici aussi l’enthousiasme est de rigueur, ça finira à coups de seaux d’eau, vous êtes prévenus.

DIEZ Y DOMECQ Alvaro s’est encore distingué en refilant un lot de marchandise qui ne correspondait pas à la commande. Emballage et étiquetage ont déclenché une réaction cul–tanné chez le maire qui alla s’en plaindre chez l’Alvaro, sa voisine oubliant au passage de fendre l’oreille de l’instigateur et co-auteur de l’infraction : Don MARTINEZ y FLAMARIQUE y CHOPERA, alias Oscar. Le résultat fût considérable, une oreille pour RINCON, deux pour PONCE et nada pour BARRERA. BACHELOT y NARQUIN, alias Roselyne, accompagnait dans les tribunes GRENET Jean dans l’alcôve officielle ; on ne devait rien remarquer qui fût incorrect. Jusque là tout va bien.

Car la veille de ce grand jour fût plus considérable encore, puisque l’ennui manqua tuer les réchappés de l’ombre, ceux du soleil ayant déjà cramé dans l’indifférence générale. On aurait toléré que FERRERA, FANDI y ROBLEGNOT (je sais pas où est ce con de tildé) banderillent en short avec de la crème solaire sur le nez. Entre deux paires de banderilles le public n’essuyait pas que les plâtres. Les costumes étaient de Donald CARDWELL et les toros d’ALCURRUCEN.

A signaler, la veille, la rafraîchissante absence de SARA Marie qui ne voulut pas entamer son capital soleil et laissa MENDOZA de HERMOSO et MONTES s’affronter en mano a mano à cheval et sans se tenir ; peut-être un instant ont–ils été à deux sur le même cheval mais je ne saurais l’assurer.

Treize jours later, toujours au mois d’Août , alors que l’Assomption bat son plein (no hay billetes), six toros d’un certain MARCA sont venus voir les dix mille spectateurs et quelques basques à la Lachepaillet Plaza car ils n’avaient rien d’autre de prévu ce jour là. Assistaient à la mascarade : CABALLERO Manuel (pour çà il l’est le bougre) JIMENEZ César et JULI El. Le meilleur moment fût quand (je cite) " un gros animal aux cornes fort douteuses qui s’offrait avec une certaine réserve "...vous imaginez le reste : une oreille pour Juli. Et une pour JIMENEZ qui (je recite)  " abattra d’un bajonazo pour une fois mérité l’ultime MARCA, un authentique bœuf inopérant refusant toute sollicitation " (c’est pas comme l’autre). L’aumônier des arènes est le Père CONDOM, curé d’Anglet et donc de la Chambre d’Amour ; je ne veux plus revoir JUNCA LAMARQUE si je mens.

Et sans que rien ne le laissa supposer, nous voilà en septembre qui comme chacun le sait, est le mois fou, comme vous allez pouvoir en juger :

Pour toute provocation en duel ou passage à tabac, s’adresser au secrétariat de l’ANDA qui donnera suite.

Don MARIO.




BÉZIERS

Le règlement est-il soluble dans le ridicule?

Le programme aoutien biterrois 2003 était composé de deux spectacles à visées taurines et en alternance deux corridas de toros.

Des TORRESTRELLA du premier jour il ne m'en reste, à l'heure où j'écris ces lignes, aucun souvenir sinon les deux heures et quart passées à attendre l'apéro. Peut-être y avait-il le JULI ? Peut-être y a-t-il eu une oreille?

Avec les CEBADA GAGO nous tenions le lot de la feria : présentation impecable, jambes d'acier, puissance brute et souvent désordonnée, ils prirent tous deux piques et en auraient supporté une troisième sans l'incohérence des lidiadores qui demandèrent le changement, et de la présidence au garde à vous devant tant d'autorité! P.LIRIA à la dérive devant le premier devait s'accorder brièvement à droite avec son second, liant trois series méritoires d’aguante; deux oreilles, vuelta al toro, excessif et dérisoire.

Pour J.VALVERDE une anecdote: après deux piques demande de changement, accord du palco, son piquero, devant tant d’ignorance, va à la rencontre du toro pour tenter de le piquer et de sauver le troisième tiers. Peine perdue, J.VALVERDE va couvrir toute la superficie du ruedo au bon vouloir du cornupète.

Vouloir conter le troisième après-midi revient à décrire Patriiiiiiiiiiick BRUEL un mercredi après-midi au Zénith. E.PONCE sauve sa tête... avec sa tête et coupe la seule oreille torera. S.CASTELLA et C.JIMENEZ ont servi par deux fois leur Bolino taurin agrémenté d'un rab.d'oreilles et de la soupe de moure des aficionados. Consommé light de DOMECQ de MARTELLILLA.

Le sol caillouteux de Zahariche et l’écorce rapeuse des chènes-liège ont eu raison de la plupart des armures des 6 MIURAS choisis pour Béziers. Le quatrième a servi un FUNDI très décidé (2 oreilles), F.MECA est allé chercher son oreille a recibir sans convaincre le palco de la nécessité de l’essorillage complet, lequel palco a aguanté une bronca qui l’honore. D.LORÉ une fois de plus malchanceux au sorteo. A part le 4 et le 5, un lot sans force et sans son.

Sauf à sombrer dans le ridicule, il faudra bien que la CTEM biterroise prenne le temps de réfléchir, à la cohérence et au sens qu'elle veut donner à sa présence au palco, et pourquoi pas à la création d’une charte de solidarité entre les aficionados volontaires pour présider. Les uns conserveront ainsi leur dignité et les autres, parce qu’ils assurent au spectacle un minimum de sérieux, ne seront plus l’objet de la colère du respetable.

Michel MIALET.




 

CERET DE TOROS

Baise-moi....

Il en va de nos amours cérétanes comme des ébats d'un vieux couple. Après quinze ans de vie commune, les assauts ne connaissent point la même hardeur(se). Nous voici donc obligés d'inventer des saynètes émoustillantes afin que Popaul s'érige ou que Janine grimpe aux rideaux.

D'aucuns, se satisfaisant de la classique position "genoux pliés" brevetée DOMECQ, nous qualifient de pervers voire de déviants. Que diantre! Les parties fines organisées par l'ADAC nous ont jusque là maintenus en bonne forme et, avant de classer X cette reseña, ces missionnaires devraient se pencher sur leur misère routinière et observer courageusement l'abstinence. Sûr qu'on se planque toujours quand on se rend au claque, une après-midi de canicule alors que se profile la canule, estampillée PARTIDO DE RESINA. On le sait, ça fait assez mal... de voir d'aussi beaux étalons la bravoure en berne et c'est avec un masochisme avoué que l'on s’apprête à subir les rodomontades habituelles d'ESPLA (grand lidiador version Marc DORCEL). Cependant, on s'excite sur trois exemplaires nous rappelant les PABLORROMEROS des années vigoureuses, bien que le lieu confiné et les miroirs au plafond faussent notre jugement. Mais pourquoi bouder notre plaisir? ENCABO et MARIN, eux, se bornent aux préliminaires.

Le lendemain par contre, on se sent honteux. Parce que si le voyeurisme titille d'abord les sens, c'est pour davantage larguer l'individu , seul dans son froc, à hurler à la lune. Ouais, trop c'est trop, et les Navarrais énormes qui torturent des gamins inexpérimentés, désolé, l'Homme en noir, mais ça fait l'effet d'un seau d'eau froide. D'ici que les culs bénis de sérail DOMECQ exigent la fermeture du bobinard... Surtout qu'on nous remet ça aux vêpres! Du Navarrais, encore, à deux balles la passe, la soi-disant "découverte" du cycle! Souvenons-nous que l'an passé nous avions eu droit aux eunuques! Alors on veut bien casquer, sans pour autant être des michetons, et ne pas avoir à penser que "l'inédit cérétan" pourrait bien être un système comme un autre pour nous vider les bourses.

Il est donc appréciable de retrouver une ancienne maîtresse, Miss SANTACOLOMA fraîchement relookée LA QUINTA. Quelques kilos en trop peut-être, mais toujours aussi piquante et, y a pas à dire les gars, tout le monde salive! Les castoreños en oublient les vicissitudes de leur métier, les présidents mettent un point d'honneur à faire appliquer un règlement très " grand siècle ", et les toreros (BARRERA, CID et ROBLEÑO) se la jouent, bien que se faisant rabrouer! Une scéance pareille fait rejaillir la sève de notre afición. On en reparlera longtemps, en grillant la traditionnelle cigarette "d'après".

Désolé les bienséants, mais aller aux arènes est devenu un acte irréfléchi et mécanique que l'on accomplit "pour l'hygiène", en hommage à une passion fanée. Il peut paraître tristounet d'avoir recours à de tels stratagèmes pour entretenir une flamme vacillante, mais nous nous sommes essouflés sur tant de corridas imbaisables!!!!! Rendons grâce à l'ADAC pour notre Viagra© annuel!

Thierry SALTET.




DAX

Résignés. Voilà l'état d'esprit des aficionados le jour de l'annonce des cartels. Résignés devant les cartels annonçant d'année en année toujours les mêmes toros, les mêmes toreros, les même fausses révélations, le même manque d'originalité.

Seuls les prix des billets changent, ils augmentent et tout le monde se demande encore pourquoi. Si encore, cette augmentation et ce manque d'inspiration des Grands Hommes de l'organisation étaient suivis par quelque chose de positif, personne n'y trouverait rien à redire. Le problème est qu'il ne se passe pratiquement rien en piste. Où plutôt qu'il se passe trop de choses pénibles.

Sur les 24 premiers toros présentés à Dax (Victoriano DEL RIO, Manolo GONZALEZ, Dolores AGUIRRE et Victorino MARTIN), 16 avaient des cornes aux pointes en pinceau, 4 par jour. Curieusement, les Samuel FLORES avaient eux des pointes intactes. Tellement brochos, les retoucher n'aurait peut-être fait qu'ouvrir le berceau et les rendre ainsi plus dangereux. Tout ceci n'est que supposition et il est peu probable que les analyses de cornes commandées par l'UVTF nous renseignent sur le sujet, tant l'utilisation du "certificat médical", exemptant certain toros de prélèvement, est devenu monnaie courante.

En Septembre, la présentation générale des toros de la corrida-concours est irréprochable et c'est la moindre des choses. Des JUAN-PEDRO pour le 18498eme mano a mano du dimanche, bonitos, parfaits pour le show. A l'exception du GUARDIOLA et du CEBADA de la Concours, nous n'avons pas vu dans le ruedo dacquois un toro, qui, soit par manque de force, soit par manque de bravoure, soit trop souvent par accumulation des deux , a supporté correctement une pique. Affligeant !!!

Relevons malheureusement l'effrayant comportement du lot de DOLORÉS qui nous arrache le cœur.

Chez les toreros, leur venue à Dax ne représentant rien pour la plupart d'entre eux en plein mois d'Août où il faut toréer tous les jours. A qui doit-on en vouloir de leur manque d'envie de se la jouer ? Peut-être à ceux pour qui l'importance de Dax passe par la vitesse à laquelle les billets sont vendus à force d'hyper médiatisation dans les endroits branchés de la capitale, rendant le public en peu plus ignare chaque année.

El CID, El FUNDI et PONCE sont à honorer pour leur bonté. MORANTE, César JIMENEZ, RIVERA-ORDOÑEZ, FERRERA, CASTELLA, PADILLA, DAVILA-MIURA, VALVERDE, CONDE, VEGA, MARIN. A la seule lecture de cette liste, on s'ennuie. Et pour la modique somme de 235 € (1540 FRF), prix moyen d'un abonnement de 7 corridas, vous avez aussi le droit de vivre l'ennui total en direct.

Nous vous rappelons qu'il est désormais défendu de manger dans les gradins. A quand l'interdiction de siffler? Nous n'en sommes pas bien loin. Enfin les 2/3 de novillada de Torrestrella n'a pas relevé le niveau.

François COURTY.




MONT-DE-MARSAN

L'année du geste taurin

L'an passé à la même époque, Jean Louis était triste, presque désabusé. Mais, montois dans l'âme et dans le cœur, il espérait…….

Il espérait voir une feria pleine de taureaux braves, nobles, fiers d'appartenir à une race bovine privilégiée et de prouver que leur combat n'est pas une mise en scène dans laquelle ils jouent les faire-valoir.

Malheureusement, les deux scénaristes en chef de la Commission Taurine et les producteurs des spectacles montois ne voient pas la pièce sous le même angle que nous. A cause de l'assujettissement des uns, de l'incompétence et de l'incrédulité des autres, le profit et la rentabilité semblent le fil conducteur.

r Acte 1 scènes 1 2 3 4 5 6 ou la novillada sans picador et sans trop de public.

Une première partie peu enthousiasmante laisse le public choisir son acteur préféré entre TALAVANTE et MORALES (le plus sincère ). Les six débutants du jour ne purent jouer, manquant de force.

r Acte 2 scènes 1 2 3 4 5 6 ou la corrida de Madame Rocío de la CAMARA YSERN.

Que dire et que faire devant ce spectacle navrant, désolant, absurde ! Beaucoup de monde savait que cet élevage ne valait plus rien, sauf nos deux irréductibles scénaristes qui se sont faits proprement bernés par des producteurs peu scrupuleux. Du vol, comme le nom que portait le premier cornu de l'après-midi :"ATRACADOR".

r Acte 3 corrida de SAN MARTIN.

Enfin une après midi de spectacle ! Une bouffée de bonheur pour El JULI, qui dans les scènes 2 et 5, nous régalera avec deux belles prestations pleines d'allant et de générosité. Une belle épée à son dernier lui offrira 2 récompenses méritées. Une bonne réplique du jeune français Sébastien CASTELLA qui progresse dans la connaissance du taureau et de son terrain. Il obtiendra 1 trophée lors de sa première apparition.

Quant à Manuel CABALLERO, aucune verve, il est venu, point.

Les 5 premiers répliquants, d'allure correcte mais de peu de prestance, ont permis de maintenir le dialogue, sans jamais hausser le ton, de bons faire-valoir. Le sixième, remplaçant d'Esteban ISIDRO, ne valait pas cher.

r Acte 4 scènes 1 2 3 4 5 6 ou la corrida de CARRIQUIRI

Et oui, Jean Louis, tu avais repris espoir trop vite. Les 2 metteurs en scène se sont une nouvelle fois trompés.

Ainsi, nous avons subi des dialogues entre amateurs et professionnels. Aucun jeu, aucune saveur, un ennui tel que le réputé FERRERA choisira le monologue, aux banderilles, pour nous redonner quelques instants l’envie de rester au spectacle. Ceci dit, les artistes n’ont pas essayé de forcer leur talent. On peut les comprendre, car donner la réplique à une troupe fuyarde, sans noblesse et sans armes, le jeu n’en valait pas la chandelle. Quant au second spécimen, il a dû être embarqué par mégarde, mélangé avec un lot prévu pour une becerrada.

r Acte 5 scène 1 et puis le reste ou la corrida de JANDILLA.

Heureusement que cet artiste andalou, réquisitionné au pied levé à cause de la blessure…d’Enrique PONCE, a trouvé le chemin pour venir éclairer cette féria montoise bien mal en point. Merci à Javier CONDE pour ce spectacle hors du commun, un pur enchantement, une adaptation très personnelle de l’art de toréer pleine de suavité, de grâce et de théâtralité. Une apothéose à la fin de la scène et tout le monde unanime pour lui accorder deux trophées amplement conquis.

Après, que dire, on regretta évidemment la blessure de BARRERA. JIMENEZ fit un défilé très élégant. Quant aux six andalous de l’après midi, ils ont rempli leur rôle, avec de la noblesse mais juste de force pour certains.

r Acte 6 scènes 1 2 3 4 5 6 ou la novillada de LA QUINTA.

Enfin du bonheur, de la bravoure, de la noblesse, une troupe homogène, même si le second attendit la pique pour se révéler. Il obtiendra un rappel posthume, grâce au mouchoir bleu de la présidence. Et bien sûr, quand les novillos sont là, les toreros n’y sont pas. SOLIS obtiendra un trophée à son entrée, CRUZ réalisera deux prestations correctes mais mal achevées. On restera malgré tout sur une note positive, car ces novillos là valaient largement de nombreux taureaux de la féria.

r Acte 7 scènes 1 2 3 et 4 5 6 ou la corrida de Victorino MARTIN ANDRÉS.

Il fallait s’y attendre, mais on gardait toujours espoir. Le sorcier nous a joué un mauvais tour, amenant avec lui des acteurs décevants dans tous les registres. Seuls les trois derniers donnèrent plus de jeu, permettant à MECA et ROBLEÑO de gagner un trophée, mais rien de comparable aux années fastes précédentes(1997/1998/2000). On pourrait penser à une fin de cycle…

t voilà, le rideau est tombé sur la Madeleine 2003. On retiendra donc ces deux moments forts avec El JULI et Javier CONDE. Pour une féria qui se voulait plus "torista", comme l’annonçait sur la presse le responsable de la Commission Taurine, il est force de constater que l’on touche presque le fond.

Mais jamais à court d'idées, nos deux scénaristes ont trouvé à valoriser une feria qui ne le méritait pas. Ainsi est né le prix Manolo CHOPERA qui récompense…Le meilleur geste taurin !!!!

Fallait-il y penser, surtout dans ces périodes de vache maigre, alors que les peñas locales proposent une panoplie fournie de récompenses intéressantes. Areneros, mozos, alguaciles, préparez-vous pour l’an prochain!!: Quand on dit que c'est le ver qui pourrit le fruit de l'intérieur…

Pascal LAGUIAN.




NÎMES

Benidorm ou Marbella ?

Temporada sans grand relief, dont les aficionados de verdad garderont cependant en mémoire l’extraordinaire faena de RINCON pour la feria des Vendanges.

r De la Primavera, seul Fernando CRUZ émergea dans une faena poderosa et de grande valeur. Côté novillos, tant les LA QUINTA que les FUENTE YMBRO ont été effacés. Oublions les toros de GUTTIEREZ LORENZO du dimanche, sans grand intérêt.

r De la MIURADA de l’Ascension, peu de choses sont à retenir sinon l’extrême faiblesse du lot, à l’exception du sobrero de FRAILE.

r La Pentecôte débuta le mercredi 4 juin avec les VICTORINOS de belle présentation, mais très compliqués. Seul El CID réussit brillamment à tirer son épingle du jeu.

Les Baltazar IBAN du lendemain étaient faibles et décastés.

Le jour suivant, la course de Juan-Pedro fût sauvée par un sobrero –JPD également- dont le JULI, en bien meilleure disposition que la veille, sût tirer parti.

Le samedi matin, je n’ai pas apprécié le fils de qui vous savez (J2M). Il se regarde toréer ; le geste est lent, somptueux mais sans engagement.

L’après-midi, le lot de JANDILLA a été très intéressant et a dominé ses opposants.

Dimanche matin, corrida mixte : après MENDOZA, RINCON chaleureusement applaudi fit admirer le toreo qu’on lui connaît depuis toujours. Suivit CONDE qui, heureusement inspiré, fit vibrer et chavirer la plaza. C’est à voir certes… Il y a une mise en scène théâtrale, une gestuelle particulière, peut-être est-ce là le duende. Il torée autant le public ravi que ses adversaires ; des JPD naturellement.

L’après-midi, le lot d’Adolfo MARTIN (avec 2 sobreros) léger de présentation manqua de caste. Comme d’habitude, Denis LORÉ fit valoir son professionnalisme.

Les TORREALTA du Lundi de Pentecôte, sans grand relief, ont cependant permis à CASTELLA de se tailler un beau succés.

r Courant septembre eut lieu enfin la féria des Vendanges.

Les Pablo ROMERO ont énormément déçu tant par leur présentation inégale que par leur manque de caste. Deux exemplaires ont dû être changés (boiterie et fracture). Compte tenu de ce qui s’était passé en Arles la semaine précédente, c’est assez inquiétant.

Suivirent les Samuel FLORES. Lot très sérieux, de belle présentation ; des mansos con casta. Nous avons vu du grand, trés grand RINCON devant un manso-tardo qui sous la muleta du " Maître " a appris à charger, à combattre, sans jamais se rendre. L’estocade tombée ne libéra qu’une oreille. Dans les gradins les aficionados avaient les larmes aux yeux. Lorsqu’on assiste à une telle leçon de toréo, je pense que le Président doit sortir les deux mouchoirs sans hésitation, et pourquoi pas plus encore. PONCE l’a très bien vu, lui qui a longuement donné l’abrazo à César lorsque ce dernier a regagné le burladero.

C’était difficile de passer après une telle démonstration. PONCE le fit avec classe et détermination et obtint également un beau succès auquel Jean-Marie BOURRET ne fut d’ailleurs pas étranger.

Le lendemain 20 septembre était la journée d’alternative du local Julien MILETTO. Le nombreux public de " gogos " était venu voir le JULI couper des oreilles à tout prix. Ce dernier devant un toro-novillo marqué du zéro, faible et handicapé, se mit entre les cornes et fit monter la pression sur les gradins dans une faena ojediste. Le président accorda l’oreille demandée par le public et refusa le second appendice. On a frôlé l’émeute. Depuis le callejón, l’empresa s’en est mélé, menaçant manifestement le Président de course, imperturbable. Il est vrai qu’à Nîmes, on est coutumier du fait : nous avons connu la Victorino-pantalonnade de 1990, Péléon , et bien d’autres encore. Même attitude de la part du torero qui, vexé, refusa l’oreille accordée : " chaval sin verguenza ".

Par contre, crions haut et fort : " Enhorabuena senor Présidente. Usted tiene cojones !! "

Le dimanche enfin pour le dernier jour de feria, tant les JPD que les FUENTE YMBRO ont été décevants. La plupart étaient marqués du zéro (soit trois ans). J’ai relevé en outre que les 3 toros de J2M junior, qui avait pris l’alternative au cours de l’été, pesaient chacun 461 kilos, poids également annoncé à de nombreuses reprises au cours de cette feria. Et je n’ai pu m’empécher de m’interroger, me demandant si la bascule des arènes de Nîmes n’était pas défectueuse ; à moins que le veedor ne soit doté d’un coup d’œil particulièrement précis ; à moins que… et je me suis dit qu’ils m’ont vraiment fait boire le calice jusqu’à la lie.

Décidément, la proximité des plages a une triste influence sur la Madrid française, qui n’est malheureusement qu’une plaza de second plan.

Alain DURAND.




VIC-FEZENSAC

TRISTIS EST ANIMA MEA USQUE AD MORTEM

(Mon âme est triste jusqu’à mourir. Matthieu XXVI, 38)

Ce n’est pas sans mélancolie que je constate mon indifférence pour ce Vic 2003. Que reste-t-il de cette cuvée ? J’avoue que j’avais oublié les évènements de cette Feria de Pentecôte. Cette faculté d’oubli est primordiale pour la survie de notre afición. CIORAN écrit : " L’enfer véritable ? Ce serait de ne pouvoir oublier " C’est parce que notre mémoire sélectionne ses souvenirs que nous pouvons revenir aux arènes chaque temporada. Combien de toros manipulés, drogués, afeités et invalides avons-nous vu défiler dans notre vie d’aficionado ? Combien de magouilles du mundillo sommes-nous contraints d’accepter ? Et pourtant nous continuons d’acheter nos billets à Vic comme dans diverses arènes, malgré l’inflation du prix des places (cf Nîmes).

Novillos de BARCIAL décevants. Toritos de SAN MARTIN, de présentation très discrète, de peu de solidité et de caste (cette ganaderia ne vendrait-elle pas trop de toros ?) Un demi-lot d’ESCOLAR GIL. La corrida-concours (sauf la chèvre d’ADOLFO MARTIN) et les HOYO de la GITANA apportèrent satisfactions à l’aficionado torista. En particulier l’inlassable et très vif MELONITO, cardeño dans le type de la casa VICTORINO. MELONITO prit quatre piques, sans malheureusement pousser. Qui dans l’escalafon aurait pu le maitriser au troisième tiers ? L.M.ENCABO fit front sans jamais prendre le dessus (en particulier à gauche). Un sursaut de pundonor et de toreria lui permit de conclure par une bonne estocade. Vuelta à MELONITO et oreille pour ENCABO. Excellente fut la faena d’EL FUNDI au CUADRI de la concours, malheureusement entachée par un final trop long et pueblerino. EL FUNDI dessina les meilleures naturelles de la Feria.

Les autres toreros se sont escrimés à contredire le stupide adage du mundillo et de ses sbires : " on n’a jamais aussi bien toréé. " La venue d’Antonio FERRERA, El FANDI, Sébastien CASTELLA, DAVILA MIURA, PADILLA, Javier CASTAÑO, Denis LORÉ, Antonio BARRERA et Fernando ROBLEÑO ne fut d’aucun profit pour la sphère tauromachique vicoise. Passe après passe, les toreros nous ont montré ce qu’est le néant tauromachique. Le " pegapasisme " est l’avenir du toreo. Comment s’en étonner quand on connaît les maîtres en tauromachie de cette jeunesse moderne ? La modernité (=merdonité selon Michel LEIRIS) s’accommode de plus en plus de la médiocrité. Malheureusement, les médiocres seuls ont une chance de se perpétuer. Ce sont les toreros de l’avenir, les seuls qui survivront pour la grande joie des spectateurs.

Signalons enfin à nos lecteurs qui ne vont pas à Vic, la calamiteuse cavalerie. Combien de piques sabotées par des statues de marbre surmontées par des piqueros assassins dont les crimes prémédités restent toujours impunis. Qui dans le public s’en soucie et s’en indigne, à part l’ANDA et quelques rares aficionados ?

Gilbert GUYONNET.

 

 

 

L’Association Nationale Des Aficionados vous transmet ses meilleurs vœux pour la temporada 2004.